Les champignons ou moisissures, comment limiter leur prolifération ?

moisissures, développement fongique

Vous pensiez que dans le vivant, il n’y avait que le règne animal et le règne végétal, c’était sans compter sur les champignons, qui occupent un règne à eux tout seul.

Le règne des champignons, c’est le règne des mycètes. Mais une multitude de noms sont utilisés pour les définir : champignons dans le domaine culinaire ; mycètes en mycologie (science étudiant les champignons, domaine de la santé inclus) ; moisissures dans l’habitat et le pourrissement d’aliments ; fonge et l’adjectif fongique pour parler de leurs spores (organes reproducteurs) ; Fungus le terme latin et fungi le terme anglo-saxon.

Le saviez-vous ?

La « malédiction des pharaons » qui décimait les archéologues, serait en réalité due à un champignon, Histoplasma capsulatum, qui est connu pour être responsable d’une forme de pneumonie mortelle. Chez les spéléologues, la maladie est connue sous le nom d’histoplasmose.

Effets sanitaires 

Comme les bactéries, les moisissures font partie de notre environnement immédiat. Les spores fongiques sont omniprésents, avec une abondance plus élevée entre mai et octobre. Dans le logement, les spores fongiques restent en suspension et sont invisibles. Tant que les conditions leur seront défavorables, les champignons resteront invisibles et peu nombreux. Pour les quantifier, on utilise la mesure des « unités formant colonie » (UFC). Une UFC correspond à une colonie fongique.

  • < 25 UFC/m3, la contamination est très faible
  • < 100 UFC/m3, contamination faible
  • < 500 UFC/m3, modérée
  • < 2 000 UFC/m3, élevée
  • > 2 000 UFC/m3, très élevée

 

Les espèces fongiques les plus fréquemment retrouvées dans l’air du logement sont Alternaria et Cladosporium. Toutes deux peuvent être responsables d’allergies, de type rhinite ou d’asthme. 5 à 10% de la population française serait allergique.

On peut également retrouver du Pénicillium, celle-là même à l’origine de la pénicilline et présente également dans le fromage (roquefort, gorgonzola…), du Fusarium et de l’Aspergillus. Cette dernière peut être plus ou moins problématique selon le genre et les personnes exposées.

Les effets sanitaires les plus connus sont probablement les mycoses des ongles et les mycoses vaginales, toutes deux causées par l’espèce Candida  et le genre albicans. De manière générale, les champignons ou moisissures peuvent être à l’origine:

► d’effets allergiques

Rhinite, asthme, aspergillose bronchopulmonaire allergique (ABPA) et des pneumopathies d’hypersensibilité d’origine fongique…

► d’effets infectieux

Aspergillose chronique comme l’aspergillome pulmonaire ou l’aspergillose chronique fibrosante qui touchent quasi exclusivement les personnes immunodéprimées.

► d’effets toxiques.

Certaines espèces de moisissures sécrètent des mycotoxines, qui sont responsables de mycotoxicoses, comme l’aflatoxine, la patuline, le rubratoxine….

Par exemple, l’aflatoxine est hépatotoxique (toxique pour le foie). C’est la première cause de cancer du foie en Afrique. Elle est liée au genre Aspergillus flavus, qui se développe sur les arachides moisies. Une autre mycotoxine, produite par le genre Claviceps purpurea, connue sous le nom d’ergot de seigle, est responsable de l’ergotisme, aussi appelé « feu de Saint Antoine ». Les symptômes sont des convulsions sévères, accompagnées de diarrhées et une gangrène des extrémités.

« J’ai des moisissures chez moi, est-ce important de connaître son identité (l’espèce ou le genre) ? »

Non.

Sauf si une personne du foyer est immunodéprimée (greffée…) ou a une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou encore une mucoviscidose, dans ces cas là, un prélèvement peut s’avérer nécessaire afin d’exclure la présence du genre Aspergillus fumigatus. Cette moisissure est particulièrement problématique pour ces personnes.

« J’ai des moisissures chez moi, est-ce nécessaire de les éliminer? »

Oui.

Peu importe le genre, toute moisissure doit être éliminée (retrouvez le mode d’emploi dans l’article : « Comment décontaminer une surface colonisée par des moisissures« ).

Développement et prolifération

Les moisissures ont besoin de trois éléments pour se développer : de l’humidité, de la chaleur et un support nutritif.

► Humidité : il est préconisé de maintenir une hygrométrie comprise entre 40 et 60%.

► Température : entre 10 et 30°C, elles sont capables de s’adapter.

► Support nutritif : dès qu’une source de carbone est présente, elles peuvent se développer : papier-peint, placo, ouate de cellulose, laine de mouton, paille… de manière générale, tous les matériaux biosourcés sont concernés.

Les spores fongiques sont l’élément reproducteur. Ils se disséminent partout dans l’air. Plus petits que les pollens, ils peuvent rester en suspension dans l’air (taille entre 1 et 10µm). Ainsi quand on souhaite éliminer les moisissures, il faut faire attention à ne pas favoriser leur dispersion, en frottant à sec sur la moisissure.

Humidité excessive, premier signe d’une possible contamination

De la buée sur les vitres, de la condensation sur les murs, une odeur de renfermé, tous ces facteurs sont le signe d’une humidité excessive, qu’il faut absolument évacuer, en continu grâce à la ventilation et en complément par l’ouverture des fenêtres.

Concernant l’aération, il est préférable d’ouvrir en grand, moins de 10 minutes, plusieurs fois par jour en créant un courant d’air, plutôt qu’une seule fois 20-30 min. L’ouverture en grand permet de créer un courant d’air, pour renouveler efficacement l’air sans refroidir les murs et le sol. Ainsi la pièce conserve sa chaleur ambiante.

Les sources humidité

Les principales sources d’humidité sont imputées à l’occupation du logement : douches; cuisine, lessives et séchage du linge, la respiration des occupants, l’usage de chauffages d’appoint (concernant le poêle à pétrole, 1L de pétrole brûlé = 1L de vapeur d’eau émis), etc. ainsi qu’à son isolation. La présence de ponts thermiques, de parois froides ou de remontées capillaires offrent autant de zones sensibles aux développements de moisissures. Enfin les fuites et les inondations vont, bien entendu, impacter défavorablement le bâti.

Une humidité excessive s’accompagne systématiquement d’un développement de moisissures. De ce fait, même si la première étape est de les éliminer, il est absolument nécessaire de savoir d’où provient cette humidité excessive afin d’y remédier, sinon les moisissures continueront de proliférer.

De Elodie | 23 août 2017 | Habitat