Pesticides, alimentation bio ou conventionnelle, on vous dit tout!

Vegetables

Souvenez-vous du reportage de Cash Investigation « Produits chimiques, nos enfants en danger« , diffusé le mardi 2 février 2016 sur France 2. Il portait sur les résidus de pesticides mesurés dans les fruits et légumes. Tout un reportage basé sur une mauvaise interprétation du chiffre 97%.

La phrase d’accroche, en introduction, indiquait « plus de 97% des aliments dans l’Union Européenne contiennent des résidus de pesticides ». Ce qui laissait sous-entendre, que seuls 3% des aliments étaient dénués de toutes traces de pesticides.

Alors que la vraie phrase de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) est « plus de 97% des aliments dans l’Union Européenne contiennent des résidus de pesticides dans les limites autorisées« , autrement dit 3% des aliments testés ne répondent pas aux normes de l’Union Européenne, soit tout le contraire.

Le communiqué de presse de l’EFSA allait même plus loin. Il présentait les résultats du rapport annuel 2013 (publié en mars 2015), concernant les résidus de pesticides dans les aliments. Près de 81 000 échantillons alimentaires, de 27 États membres de l’UE, l’Islande et la Norvège ont été analysés. Les principaux résultats mentionnaient que :

  • 97,4 % des échantillons analysés se situaient dans les limites légales;
  • 54,6 % des échantillons ne contenaient aucun résidu détectable;
  • 1,5 % dépassaient nettement les limites légales, compte tenu de l’incertitude de mesure, déclenchant alors des sanctions juridiques ou administratives à l’encontre des exploitants du secteur alimentaire responsables;
  • 27,3% des échantillons présentaient des résidus de plus d’un pesticide (résidus multiples)

Les échantillons provenant des pays hors EEE (espace économique européen) et hors UE (Union Européenne), présentaient davantage de dépassements des limites légales que ceux produits dans l’espace Schengen, 5,7% d’échantillons concernés contre 1,5%.

Produits issus de l’agriculture biologique

  • Dans 15,5 % des échantillons testés, les résidus de pesticides ont été détectés dans la limite légale
  • 0,8% des échantillons testés, contiennent des résidus de pesticides supérieurs aux limites légales

Une liste de pesticides est autorisée en agriculture biologique. Ils sont référencés en annexe 2 du règlement n° 889/2008 de la commission européenne. Par exemple, sont considérés comme pesticides d’après ce règlement, l’éthylène et le cuivre.

Produits d’alimentation pour bébé

  • Au total 1 597 échantillons ont été testés.
  • Dans 92.7 % des échantillons testés, aucun résidu de pesticide n’a été détecté
  • Dans 7,3% des échantillons testés, des résidus ont été détectés au-dessus des limites de quantification (LQ)
  • Dans 0,7% des échantillons testés, des résidus ont été détectés au-dessus des limites légales

La législation encadrant les aliments destinés aux bébés (-3 ans) se rapproche de celle de l’agriculture biologique.

Conseils pour limiter son exposition

Le saviez-vous?

Les résidus de pesticides sont mesurés sur des produits bruts, ni lavés, ni épluchés. C’est pourquoi il est conseillé de rincer et d’éplucher les fruits et légumes avant de les consommer, afin de réduire, encore un peu plus, son exposition aux pesticides.

De manière générale, si vous souhaitez utiliser les zestes d’agrumes ou manger la peau, pour bénéficier des oligoéléments (vitamines et minéraux), il est préférable de les acheter bio.

Si vous consommez des fruits et légumes épluchés, ou si la peau, indigeste, doit être enlevée : ananas, banane, mangue, fruit de la passion, kiwi, clémentine… vous pouvez vous rabattre sur les produits conventionnels. D’autant plus que d’après le rapport de l’EFSA, un échantillon sur deux ne présentait pas de résidus de pesticides détectables (54,6 % des échantillons ne contenaient aucun résidu détectable)

De plus le « bio low-cost » pose, lui aussi, plusieurs questions, en termes de bénéfices versus inconvénients.

Les points positifs:

  • une exposition réduite aux pesticides.
  • des prix abordables se rapprochant des prix de produits conventionnels et donc accessibles au plus grand nombre.

 

Les points négatifs

  • une pollution liée aux transports, pour rapatrier les produits bio cultivés dans les pays, où la main d’oeuvre est bon marché
  • un circuit court compromis
  • des monocultures, qui favorisent une perte de biodiversité.

 

Au final, ce sont les valeurs du bio qui sont remises en cause par le « bio low-cost ». A l’origine, le bio avait pour objectif de favoriser la vente directe, du producteur au consommateur, pour lever les barrières de prix imposées par les distributeurs, de permettre aux producteurs d’avoir une exploitation à taille humaine et de sortir un salaire convenable. Le bio était alors synonyme d’éthique et de réduction de l’impact environnemental.

Néanmoins on ne peut ignorer que le « bio low-cost » a permis un décloisonnement, à l’époque où « bio » rimait avec « bobo » et n’était accessible qu’à une certaine strate de la population. Le « bio low-cost » contribue, en un sens, à la réduction des inégalités de santé.

De Elodie | 18 janvier 2017 | Pollutions environnementales