Biodiversité : à quoi sert-elle ? Pourquoi la protéger ?

Biodiversité

Faites-vous partie de ceux qui se demandent «  à quoi sert la biodiversité et pourquoi faut-il la protéger ? ».

La biodiversité pourrait être résumée en un seul mot : « richesse ». Elle est riche d’un mélange divers et variés d’organismes vivants. La biodiversité apporte également de la richesse aux populations. Elle produit des biens et assure des services.

Quelques exemples sont présentés, afin de mettre en lumière les intérêts inestimables de la biodiversité. Inestimable, c’est bien là le problème ! La biodiversité n’a pas de prix, au sens propre comme au figuré. Être capable de savoir ce qu’elle rapporte (directement et indirectement) ou ce que son déclin coûte aux sociétés humaines permettrait de la protéger.

La biodiversité assure de nombreux rôles, elle permet, entre autres  :

  • d’éviter l’apparition des résistances au sein d’espèces classées nuisibles ;
  • de maintenir l’équilibre au sein de la biocénose ;
  • d’atténuer les effets des catastrophes naturelles et de favoriser la résilience des milieux ;
  • de pérenniser la production de biens issus de la nature : l’agriculture, pisciculture, sylviculture, apiculture…
  • de bénéficier d’une pharmacologie et d’une ingénierie infinies.

1/ Lutter contre les résistances 

Prenons par exemple une zone où la population du moustique tigre s’intensifie (le moustique tigre peut être vecteur de la dengue et du chikungunya, il est déjà présent dans l’hexagone). Par mesure de précaution chaque année les EID (Ententes Interdépartementales de Démoustication) évaluent sa densité et peuvent traiter une ou plusieurs zones en prévention ou pour éliminer les individus déjà installés.

Or lorsqu’on traite une zone avec un pesticide, on exerce une telle pression sur le nuisible ciblé, qui se traduit littéralement par « mourir ou s’adapter », que le moustique va finir par développer une résistance au pesticide, rendant ce dernier moins efficace. Ainsi au cours des années suivantes, il faudra augmenter les traitements (en concentration et/ou en fréquence), voire changer d’insecticide.

On observe ce même phénomène avec les bactéries. A force d’être confrontées trop fréquemment aux antibiotiques, elles finissent par mutées pour s’adapter.

Pour éviter l’apparition de résistances chez ces nuisibles, on peut utiliser plusieurs techniques : une rotation temporelle et/ou spatiale des traitements phytosanitaires, ainsi que la création de zones tampons*.

Ces zones tampons sont des temples de la biodiversité. Elles abritent diverses espèces végétales et animales, dont une population du moustique tigre, pour continuer dans notre exemple. Ces zones tampons sont un environnement peu sélectif, ainsi les moustiques n’ont aucune raison de muter. L’objectif des zones tampons est de permettre la reproduction entre les nuisibles résistants et les nuisibles vulnérables, afin que leur descendance reste sensible aux pesticides.

Le gain final est d’éviter l’usage (massif) de pesticides pour in fine préserver la santé des agriculteurs, des riverains, des consommateurs et des abeilles !

zone tampon_onema

*les zones tampons sont également utilisées pour protéger les cours d’eau à proximité de champs agricoles traités.

2/ Maintenir l’équilibre de la biocénose

La biocénose, ce sont tous les êtres vivants qui font partie d’un milieu naturel (= biotope). Éliminer une espèce et tout l’écosystème (= biocénose + biotope) peut être menacé.

Par exemple, un sol sans vers de terre sera appauvri en oxygène et en nutriment. C’est d’autant plus vrai pour les espèces qu’on appelle « ingénieurs », car elles influencent la structure et le fonctionnement de leur habitat.

Les vers de terre fertilisent la terre, en décomposant et en recyclant rapidement la matière organique. Ils contribuent également à éliminer les micro-organismes fongiques pouvant hiverner sur les résidus de culture. Leurs galeries permettent d’aérer les sols, de favoriser une infiltration de l’eau plus rapide, d’éviter les ruissellement et l’érosion des sols (source : chambre d’agriculture)

 3/ Atténuer les effets des catastrophes naturelles et favoriser la résilience des milieux

Les mangroves, le long des côtes, peuvent réduire l’intensité des vagues et même des tsunamis. Les zones forestières stabilisent les sols et permettent de limiter la progression des éboulements (terre, neige…). Les zones humides peuvent servir de bassin de rétention en cas de crues.

La biodiversité permet, non seulement, de réduire l’impact des événements climatiques, mais également une régénération plus rapide des milieux.

Mangrove_biodiversite

 4/ Pérenniser la production de biens issus de la nature

Un sol riche en êtres vivants sera une terre riche, notamment en azote. Cet élément chimique est généralement déficient dans les sols, ce qui nécessite l’apport d’engrais. Ainsi un  « sol vivant » demandera moins d’apports extérieurs.

Un autre exemple concerne à nouveau les mangroves, qui constituent un écosystème fabuleux. Les crabes retournent le sable pour creuser leurs galeries, assurant une oxygénation des sols et une meilleure répartition des nutriments. Ainsi les mangroves servent de refuge à nombreux animaux et constituent, par la même occasion, un garde-manger renouvelable pour les populations vivant à proximité.

5/ Bénéficier d’une pharmacologie et d’une ingénierie infinie

Tout être vivant : végétal, animal, champignon… est forcé de vivre parmi d’autres organismes, ainsi il doit s’adapter pour trouver sa place, pour occuper sa niche écologique. Or dans la relation proie-prédateur s’instaure une course folle, liée à la coévolution. Le biologiste Leigh Van Valen parle du paradoxe de la Reine Rouge, en référence au livre Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll, où la reine et Alice courent sans cesse, tout en faisant du sur place.

Le concept de la Reine Rouge est inspiré d’un épisode de De l’autre côté du miroir, de Lewis Carroll, où la Reine court avec Alice à la même vitesse que le paysage (en sens inverse) pour rester à la même place. En d’autres termes, les espèces évoluent et s’adaptent, mais les autres aussi de sorte qu’aucune ne prend vraiment le dessus : la probabilité d’extinction reste identique (source : pourlascience.fr).

Cette course folle permet la synthèse de nouvelles molécules chimiques ou l’apparition de nouvelles adaptations morphologiques qui ne cessent d’inspirer la recherche.

De Elodie | 9 mars 2018 | Santé Environnement