Parce que personne n’a la science infuse, même les prix Nobel peuvent dérailler

C’est l’histoire de cerveaux brillants qui ont, à un moment donné, vacillé. Même si ce sont des lauréats du prix Nobel et que leurs découvertes ont été reconnues et encensées par la communauté scientifique, il n’en reste, que ce ne sont QUE des hommes.

À ce titre, ils ont des convictions personnelles, des croyances religieuses ou spirituelles. Leur parcours, leurs expériences et leur prix Nobel ne leur donnent pas, pour autant, la science infuse.

Néanmoins aujourd’hui, il semble qu’un consortium de 1 000 médecins est moins pris au sérieux qu’un seul homme, qui se dresse contre eux. Dans le climat actuel de défiance envers les institutions, être à contre-courant serait presque une preuve de véracité, de faits scientifiques ! N’est-ce pas le cas avec les vaccins ? Où les médecins seraient tous devenus des lobbyistes et des actionnaires cachés des groupes pharmaceutiques ?

On commence l’histoire avec un contemporain, le Dr Luc Montagnier, co-détenteur du prix Nobel en 2008, aux côtés du Dr Françoise Barré-Sinoussi, pour avoir découvert le Sida en 1983. Le Dr Montagnier est persuadé que pour combattre le SIDA tout est une question de nutrition.

«Nous pouvons être exposés de nombreuses fois au VIH sans être infectés de façon chronique. Notre système immunitaire se débarrassera du virus en quelques semaines, si vous avez un bon système immunitaire. C’est le problème avec les africains, leur alimentation n’est pas équilibrée, ils sont déjà exposés aux stress oxydatif, même s’ils ne sont pas infectés par le VIH (…) en donnant des antioxydants vous pouvez réduire l’épidémie au niveau des pays occidentaux », déclare-t-il dans le reportage House of Numbers. 

Avant lui, c’est un autre prix Nobel qui misait tout sur la vitamine C, antioxydant présent dans de nombreux fruits et légumes. Linus Pauling, prix Nobel de chimie en 1954, pour ses travaux décrivant la nature des liaisons chimiques, était persuadé que la vitamine C pouvait guérir, à elle seule, les cancers.

Kary Mullis, également chimiste qui a obtenu le Nobel en 1993 pour la découverte de la PCR, une technique qui permet de multiplier l’ADN à volonté, ne croyait pas que le SIDA (la maladie) était la cause du VIH (le virus).

Un autre cas édifiant concerne James Watson, co-découvreur de la structure en double hélice de l’ADN, aux côtés de Francis Crick et Rosalind Franklin (évincée et oubliée), qui lui vaudra le prix Nobel en 1962. Cette découverte scientifique est une révolution, qui va permettre, notamment, le décryptage du génome humain. Mais plus de cinquante ans plus tard, en 2007, James Watson tient des propos ahurissants dans le Sunday Times. Alors même que l’ADN est universel (4 bases nucléiques), il estime que « l’intelligence des Blancs est objectivement supérieure ».

« Il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que les capacités intellectuelles de peuples séparés géographiquement dans leur évolution aient évolué de manière identique. Notre volonté de distribuer des pouvoirs intellectuels égaux, comme une sorte de dotation universelle, cette volonté ne sera pas suffisante pour qu’il en soit ainsi. »

Enfin comment ne pas terminer, à nouveau, sur deux contemporains. Ils n’ont certes pas été récompensés du prix Nobel, mais ils jouissent d’une certaine popularité. Il s’agit des professeurs Belpomme et Joyeux. Le premier est le seul médecin français a diagnostiqué et délivré des certificats médicaux justifiant une électro-hypersensibilité, alors même que les symptômes sont non-spécifiques et qu’aucune donnée scientifique actuelle ne permet d’établir un lieu de causalité avec une exposition aux ondes électromagnétiques.  Le second est un fervent opposant contre les vaccins. Il a été radié de l’ordre des médecins pour « mise en danger de la santé publique » en 2016. Mais en juin 2018, après avoir fait appel, sa radiation a été annulée sous prétexte que ses propos « n’excédaient pas le principe de la liberté d’expression ».

Pour conclure, n’oublions pas que c’est la reproductibilité des observations et des résultats, qui constituent un fait scientifique et non le positionnement d’une personne contre un groupe, même si elle abuse de l’étiquette « lanceur d’alerte ».

 

De Elodie | 7 septembre 2018 | Santé Environnement