Maladies environnementales et lien de causalité

Maladies environnementales ?

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), rappelle qu’en matière de prévention des cancers, c’est l’identification des facteurs génétiques à risque (appelés plus communément les « prédispositions génétiques») qui sont principalement pris en compte. Vu sous cet angle, le rôle des contaminants environnementaux dans les processus de cancérisation, est largement sous-évalué, sous-estimé. De plus, la recherche est davantage orientée vers l’amélioration des traitements (plus efficaces avec moins d’effets secondaires) plutôt que vers la prévention, laquelle consisterait à limiter l’exposition de la population générale (l’exposition professionnelle est exclue de cette remarque).

Or la plupart des cancers et des maladies chroniques ont une cause environnementale au sens large du terme, c’est-à-dire en tenant compte des différents vecteurs d’exposition (via l’eau, l’air, les sols) ainsi que du mode de vie (nourriture, comportement…).

Dès lors on parle davantage de maladies multifactorielles, la survenue de la maladie dépend de facteurs génétiques (hérités),  de l’immunité individuelle et des facteurs environnementaux.

Les concepts d’exposome et d’épigénétique, entre autres, ouvrent de nouvelles portes vers la compréhension des maladies chroniques et des mécanismes de cancérisation, pour une meilleure prévention.

 

Pourquoi est-ce si difficile de mettre en évidence un lien de causalité ?

=> Parce que les polluants environnementaux sont :

  1. MULTIPLES
    • La mise en évidence d’effets sur la santé est faite polluant par polluant ou par famille de polluants (état actuel de la recherche), mais c’est oublier les interactions entre les polluants eux mêmes (effets cocktails).
    • Les expositions sont multiples (exposition professionnelle + exposition dans le logement + exposition dans les transports en commun…) et dépendent de nos modes de vie, nos comportements (consommation de tabac,  type d’alimentation…)
  2. UBIQUISTES
    • La contamination est globale (air, eau, sol), il est utopiste de penser qu’une région n’est pas polluée. Que ce soit en milieu rural ou milieu urbain, des pollutions existent, mais seront plus ou moins différentes.
    • La performance des appareils de mesure, permet de déceler des traces infimes de polluants (limite de détection) et de quantifier de très faibles concentrations (limite de quantification). Ainsi de nouvelles pollutions, qui hier étaient invisibles et inquantifiables, deviendront visibles et mesurables demain.
  3. MÉCONNUS
    • Effets cocktails
    • Fenêtre d’exposition
    • Exposome
    • Effets transgénérationnels
    • Epigénétique
    • Absence de consensus scientifique, beaucoup de controverses
    • Evolution perpétuelle des connaissances, informations valables à un instant t,
    • Connaissance de la toxicité aiguë, peu de la toxicité chronique, bien souvent il faut attendre plusieurs dizaines d’années pour connaitre les impacts sanitaires au long terme.
    • Remise en cause des lois de toxicologie, pendant longtemps le paradigme de Paracelse faisait foi « tout est poison, rien n’est poison, c’est la dose qui fait le poison »,  or l’étude des composés CMR (cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques) ou des perturbateurs endocriniens ont démontré que leur dangerosité n’était pas liée à la dose mais à la fréquence d’exposition et à la fenêtre d’exposition.

De Elodie | 25 juin 2015 | Santé Environnement